• Johan, mon été 75

    «Johan, mon été 75»: «Je voulais raconter la vie cachée des homos».

    L'Institut Lumière de Lyon projetait hier le film «Johan, mon été 75», réalisé par Philippe Vallois. Ce fut l'occasion de redécouvrir ce premier film sur la culture gay en France, dont l'auteur nous rappelle la genèse.

    La projection de «Johan, mon été 75» était un choix de Michel Chomarat, chargé de Mission pour la Mémoire à la Ville de Lyon et militant de la mémoire homosexuelle, à qui l'association Ecrans mixtes avait donné carte blanche.

    Johan, mon été 75 retrace l'amour naissant que porte le réalisateur à un homme, Johan, qu'il a rencontré lors de l'été 1975. Ce dernier, arrêté par la police quelque temps avant le début du tournage, ne pourra pas jouer dans le film. Et pourtant, on ne parle que de lui...

    A l'époque, on se drague dans les rues.

    Plus généralement, ce long métrage de Philippe Vallois raconte et illustre la vie privée des gays, de Paris à New York, pendant cette période après-68. Et c'était le premier film à traiter de ce sujet à l'époque! «J'étais un peu fou, un peu inconscient. Il fallait l'être pour avoir fait ce film!», s'exprime le réalisateur, bien des années après. Il rajoute : «Je le signais de mon nom, je me mettais en scène, je racontais ma propre histoire. Mais j'étais amoureux et quand on est amoureux, on fait des folies!».

    Le film débute par une scène de drague, dans un jardin public. A l'époque, on se drague dans les rues, car même s'il existe des bars ou des clubs privés, rien n'ouvre avant la tombée de la nuit. Les Halles sont en chantier, Beaubourg en construction : la communauté gay se retrouve principalement dans le quartier de Saint Germain-des-prés. Le Café de Flore est le repère du cinéaste !

    Des gays «coincés, chics et friqués»

    Un an avant le film, Philippe Vallois se rend seul aux Etats-Unis : San Francisco, Los Angeles... Il participera là-bas à sa première Gay-Pride, alors même que cette manifestation n'a pas encore été importée en France. Contrairement aux homos français qui sont, en ces temps, plutôt «coincés, chics et friqués», Philippe rencontre à New-York des hommes beaucoup plus libérés, avec un look sportif, un peu cow-boy, un peu cuir mais toujours très virils. Ces corps très puissants (en France, la culture physique est plutôt réservée aux hétéros et n'est pas bien vue) l'inspirent, et, de retour à Paris, Philippe décide de se mettre à la musculation. Puis l'idée du film lui vient : «je voulais raconter la vie cachée des homos. Ça me paraissait utile pour normaliser les choses. En 1975, c'était encore très honteux et il y avait des bandes qui cassaient la gueule aux pédés. »

    Le film, comportant de nombreuses scènes explicites, était diffusé à Lyon dans sa version non-censurée. A sa sortie en 1976, ces coupes avaient été rendues nécessaires pour éviter un classement X. C'est cette version intégrale que l'on peut retrouver dans le DVD, sorti en 2006.

    Sources & Photos : Têtu


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