• Ilmann Bel

    Comédien dans la série Beurs Appart’, modèle pour Pierre et Gilles, «prince pervers» chez Cadinot, ce jeune Parisien publie avec «Un mauvais fils» son premier roman, parcours initiatique d'un jeune beur homo, entre plans drague et prostitution.

    Le visage d’Ilmann Bel ne vous est sûrement pas inconnu. Comédien dans la série Beurs Appart’, modèle pour Pierre et Gilles, «prince pervers» chez Cadinot, ce jeune Parisien de 27 ans multiplie les facettes. Avec Un mauvais fils, son premier roman, il nous raconte le parcours initiatique d’un jeune beur homo, Zachariah, en quête d’identité entre plans drague et prostitution. Toute ressemblance avec la vie de l’auteur du livre n’est pas fortuite.

    Cela faisait longtemps que tu murissais l’histoire d'Un mauvais fils ?

    Ce récit, j’ai mis cinq ans à l’écrire. J’y ai mis une partie intime de moi mais ce n’est pas une autobiographie. J’avais envie de raconter l’histoire d’un jeune rebeu qui a grandi à Paris et qui découvre son homosexualité. Mais il ne faudrait pas me confondre avec le personnage de Zachariah. Je n’ai pas la prétention d’avoir une vie romanesque. Même si encore une fois, j’ai beaucoup de points communs avec ce personnage.

    Une large partie du livre est consacrée à la difficulté d’assumer son homosexualité quand on est un jeune beur…

    C’est un de mes liens avec Zachariah. Je suis un beur de la deuxième génération. Aujourd’hui pour les jeunes rebeus, les choses me paraissent plus simples. Ils assument beaucoup plus tôt. Je vois mon meilleur ami: à 21ans, il a fait son coming out, ses parents, même s’ils n’acceptent pas, ne le rejettent pas pour autant. C’est plus facile. Même dans les soirées comme la BBB les jeunes se lâchent plus. Moi j’ai 27 ans, et l’homosexualité reste un sujet tabou avec mes parents. Pour quitter le domicile familial, soit t’es marié, soit t’es mort! (Rires.) J’ai des amis homos qui se sont mariés et qui ont une double vie. Et d’un coté, je les comprends. Du moins, je ne leur en veux pas. Mon personnage lui, se sent différent à un âge où l’on a le désir d’être comme les autres.

    L’histoire de ton livre se déroule à la fin des années 1990. Les mecs draguent sur le réseau téléphonique, s’envoient des messages «Tatou», écoutent Fréquence Gay… C’était important pour toi d’ancrer ton récit dans cette période pré-internet ?

    C’est une époque charnière donc intéressante. C’était un moyen pour les mecs de se rencontrer tout en échappant au milieu. Plus jeune, j’évitais le Marais. Je n’avais pas envie qu’on m’y voit. Heureusement, il y avait les petites annonces de Paris Boum-Boum, les lieux de drague en plein air. On écoutait Fréquence Gay pour savoir que ça draguait dans tel coin de Paris, sur tel quai.

    Quand il prend conscience de la fascination qu’il exerce, le personnage de Zachariah comprend très vite qu’il peut en tirer profit.

    Il a un rapport particulier avec l’argent. Ce n’est pas une prostitution alimentaire. Il n’est pas à la rue. L’argent de ses passes, il le dépense en s’achetant des conneries. Se prostituer c’est aussi un moyen de savoir ce qu’il vaut. Qu’on paye pour lui le rassure.

    Ton livre nous fait découvrir l’univers de la Porte Dauphine, haut lieu de la prostitution masculine,  avec ses codes, sa géographie.

    C’est un monde que j’ai connu. Les rodeurs, les voitures qui se garent loin, plein phares… A cette époque, les sites d’escorts n’étaient pas encore développés. D’ailleurs, quand mon roman a été publié, j’y suis retourné. Je me suis mis sur la place, au même endroit où je me mettais à l’époque. Il n’y a plus grand monde à part quelques mecs de l’Est. Je voulais voir si une voiture allait s’arrêter. D’un coup, j’aperçois une énorme Porsche Cayenne. Elle passe une première fois. Quand elle revient, je n’ai pas le temps de comprendre qu’un nuage de bombe lacrymo me brûle les yeux! Je me suis dit: «Bien fait pour toi! C’est un signe!»

    De la prostitution au porno, il n’y a qu’un pas que ton personnage, lui, hésitera à franchir…

    J’ai tourné pour Cadinot en 2005. Je l’ai choisi lui parce que je trouvais que ses films étaient d’une grande qualité. Jean-Daniel avait une passion pour les décors. Un sondage dans TÊTU disait qu’un pourcentage hallucinant de gays se disait prêt à tourner dans un porno par fantasme. J’imagine que pour moi c’était pareil. J’ai abordé ça avec beaucoup d’envie, de projets. Je voulais passer à la réalisation. Je trouvais que ce qui se faisait en France n’était pas terrible. Mais ça n’a pas marché comme je voulais. Je posais trop questions. Et puis je parlais contrat et ça, ils n’aiment pas ! Dans le livre, Zachariah se rêve en roi du porno mais au final, il déchante vite.

    Certains des personnages de ton livre sont connus, on les très identifie facilement. C’est fait exprès ?

    Je ne vois pas du tout de qui tu parles! (Sourire complice.)

    Sources & Photos : Têtu


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